Note : 5/5

Résumé :
C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

Je ne savais pas s’il existait des vies réussies, ni ce que ça pouvait signifier. Mais je savais qu’une vie sans rire, sans choix et sans amour était une vie gâchée.

Mon avis :
Un véritable coup de poing ! Pour un premier roman, Adeline Dieudonné frappe très fort avec La Vraie Vie.

Le lecteur est dans la peau d’une jeune fille, qui vit dans une lotissement un peu glauque, avec un petit frère qu’elle aime par dessus tout, une mère qui est là, sans doute parce qu’on l’a un jour posée là, et un père effrayant, passionné de chasse. Il y a le Démo, le lotissement, leur maison « témoin », et les quatre chambres, parce qu’il y a la chambre des cadavres, celle qui met mal à l’aise jusqu’au lecteur. Et puis un jour, il y a l’accident, dont la description si détaillée et si juste, peut rendre nauséeux n’importe qui…


Ma mère, à son mariage, elle n’avait pas encore peur. Il semblait juste qu’on l’avait posée là, à côté de ce type, comme un vase. En grandissant, je me suis aussi demandé comment ces deux-là avaient conçu deux enfants. Mon frère et moi. Et j’ai très vite arrêté de me poser la question parce que la seule image qui me venait, c’était un assaut de fin de soirée sur la table de la cuisine, puant le whisky. Quelques secousses rapides, brutales, pas très consenties et voilà.

On s’attache à cette jeune fille, on ne veut pas lâcher le livre, pour ne pas la laisser seule, parce qu’on a peur pour elle, elle dont l’unique but dans la vie est de faire sourire à nouveau son petit frère, traumatisé par l’accident.

Le récit est parfois tendre, parfois glaçant, mais tellement réaliste. Certains passage sont vraiment haletants, je me suis surprise a réellement angoisser lors de ma lecture.

Je recommande fortement ce livre, il y a peu de chance que vous en ressortiez indemne.

… au moment de l’orgasme. Chaque atome du corps humain se disperserait aux quatre coins de l’univers, entraînant une désintégration totale du sujet pendant une unité de temps extrêmement courte. Puis tout se remettrait à sa place. … plus l’orgasme était puissant, plus le temps s’allongeait.

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